Perte de locomotion et amyotrophie chez le cheval de sport : Le cas de Kality

Kality est une jeune jument de 5 ans qui pratique le Concours Complet (CCE), une discipline exigeante qui demande polyvalence et endurance. Ce n'est pas une boiterie franche qui a motivé la consultation, mais une observation fine de sa vétérinaire traitante. Cette dernière trouvait que la jument manquait cruellement de mouvement et d'amplitude au niveau des épaules et du dos. C’est sur ce conseil avisé que je suis intervenue.

Symptômes Observés

L’examen statique a révélé un déséquilibre musculaire important. Kality présentait une amyotrophie (perte de masse musculaire) sur certaines zones, signe qu’elle ne les utilisait plus correctement. À l’inverse, d’autres groupes musculaires étaient extrêmement contractés, témoignant d’une compensation excessive.

Son corps s’était « figé » pour protéger les zones douloureuses, limitant ainsi sa locomotion naturelle.

Diagnostic Ostéopathique et Traitement

La séance a débuté par une détente musculaire globale indispensable pour accéder aux structures osseuses. L’analyse a mis en évidence des blocages majeurs (« verrous ») au niveau des lombaires et du garrot, expliquant la raideur du dos.

J’ai également traité plusieurs dysfonctions secondaires qui parasitaient son équilibre : l’ilium gauche (bassin), l’épaule gauche, la première cervicale (Atlas), ainsi que la sphère viscérale (diaphragme et rein droit).

Le point clé de ce cas : En parallèle du soin, une collaboration a été mise en place avec un sellier (Saddle Fitter) pour réadapter la selle à la morphologie de Kality, afin que son matériel ne vienne plus bloquer son dos à l’avenir.

Résultats Obtenus

Les effets ont été rapides. Quelques jours après la séance, la propriétaire a noté un changement net : Kality a retrouvé de la tonicité, une meilleure symétrie aux deux mains et surtout ce « mouvement vers l’avant » qui était devenu difficile à obtenir.

Un suivi a été réalisé un mois et demi plus tard. Le bilan était très positif : l’ensemble du corps avait gagné en mobilité et les muscles avaient repris un aspect plus tonique et harmonieux. Seules la première cervicale et une lombaire nécessitaient une nouvelle correction mineure, prouvant que le corps avait bien intégré le premier traitement.

Ce cas est l’exemple parfait de l’interprofessionnalité au service de la performance. C’est la collaboration triangulaire (Vétérinaire pour le diagnostic, Sellier pour le matériel, et Ostéopathe pour la mobilité) qui a permis de remettre Kality sur les rails.
Il souligne aussi l’importance du suivi : chez un cheval de sport, une seconde séance permet souvent de consolider les acquis et d’éviter les récidives.